Recevoir la PCU en faisant moins de 1000 $ par mois

16 avril 2020

Ottawa élargit à nouveau l'accès à la prestation d'urgence

Ottawa travaille aussi avec les provinces en vue d'augmenter le salaire de travailleurs essentiels qui gagnent moins de 2500 $ par mois, notamment dans les établissements de soins de longue durée.

Vue du premier ministre Justin Trudeau donnant une conférence de presse.

Le premier ministre Justin Trudeau continue de donner sa conférence de presse quotidienne devant sa résidence officielle de Rideau Cottage, à Ottawa.

PHOTO : RADIO-CANADA / SEAN KILPATRICK

Encore plus de Canadiens auront accès à la Prestation canadienne d'urgence (PCU) de 2000 $ par mois, a confirmé mercredi le premier ministre Justin Trudeau.

Les gens qui travaillent toujours, mais en faisant moins de 1000 $ par mois, en raison d'heures de travail réduites, y auront désormais accès. Ces personnes pourront garder leurs revenus sans que cela ne les pénalise.

Bien des gens ne travaillent pas autant d'heures qu'avant, et d'autres doivent s'adapter aux réalités du travail à la pige ou à contrat.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Les travailleurs saisonniers et les chômeurs qui ont épuisé leurs prestations d'assurance-emploi et qui ne peuvent pas reprendre le travail ou s'en trouver un nouveau en raison de la COVID-19 pourront aussi recevoir la PCU.

Plus d'artistes auront aussi accès au nouveau programme, puisque le gouvernement a décidé de ne pas tenir compte des droits d'auteur qu'ils ont touchés avant la crise dans le calcul de leurs revenus.

Tous ces changements seront applicables rétroactivement au 15 mars dernier.

Ottawa n'a pas encore calculé combien de personnes pourront profiter de ces assouplissements aux critères d'admissibilité à la PCU. Il n'a pas non plus calculé le montant de la nouvelle facture que cela représentera pour l'État.

Nous ne savons pas encore combien de personnes délaisseront la PCU parce qu'elles auront été réembauchées par leur employeur grâce à la subvention salariale de 75 %, a justifié la ministre fédérale de l'Emploi, Carla Qualtrough.

Il y a une dizaine de jours, M. Trudeau avait reconnu que de nombreux Canadiens n'étaient pas admissibles à la PCU et a annoncé qu'il allait remédier à la situation.

Il avançait cependant que toute personne faisant 10 heures par semaine ou moins aurait accès à ces prestations imposables, versées pour une durée maximale de quatre mois.

D'autres mesures d'aide destinées aux étudiants des collèges et universités et aux commerçants qui ont des problèmes pour payer leur loyer seront bientôt annoncées, a assuré M. Trudeau.

Des personnes marchent en respectant une bonne distance entre elles.

Montréal a mis en place un « corridor sanitaire » sur l’avenue du Mont-Royal pour que les marcheurs aient plus d'espace.

PHOTO : RADIO-CANADA / IVANOH DEMERS

Des salaires bonifiés pour certains travailleurs essentiels

Ottawa travaille par ailleurs avec les provinces et les territoires en vue d'augmenter le salaire de travailleurs essentiels qui gagnent moins de 2500 $ par mois, a indiqué le premier ministre.

Aucune liste précise des travailleurs qui seront touchés par cette approche n'a été diffusée, mais un document d'information du gouvernement laisse entendre qu'elle s'appliquerait à ceux qui, entre autres :

  • travaillent en première ligne dans les hôpitaux;
  • prennent soin de personnes âgées dans les établissements de soins de longue durée;
  • travaillent afin que les aliments se rendent aux étagères et aux tables du pays.

Nous continuons de collaborer avec les provinces et les territoires à l’exécution de cette mesure. De plus amples détails seront publiés sous peu, indique le document, confirmant du coup que toutes les ficelles ne sont pas attachées.

Concrètement, Ottawa compte transférer de l'argent vers les provinces et les territoires, afin de partager les coûts d’un complément salarial temporaire pour les travailleurs à faible revenu qu’ils ont jugés essentiels à la lutte contre la COVID-19, peut-on y lire.

L'idée derrière cette approche est d'aider les employeurs à maintenir leurs travailleurs en poste, tout en assurant l’équité.

Le gouvernement du Québec a déjà agi en ce sens la semaine dernière avec certains travailleurs de la santé, et M. Trudeau avait indiqué mardi que d'autres provinces souhaitaient faire de même.

La vérité tragique et dérangeante, c’est que les endroits où on s’occupe de nos aînés sont particulièrement vulnérables à la COVID-19.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

M. Trudeau a affirmé qu'il discutera de la situation qui existe dans les résidences pour personnes âgées avec les premiers ministres provinciaux lors d'une téléconférence prévue jeudi.

On doit tous faire mieux. On doit tous faire preuve de leadership pour soutenir les aînés qui ont bâti notre pays, a-t-il convenu.

La vice-première ministre Chrystia Freeland a indiqué par la suite qu'Ottawa espère conclure une entente avec les provinces jeudi, au terme de cette discussion.

Évidemment, le Québec ne sera pas pénalisé pour l'avoir déjà fait, a souligné Mme Freeland, assurant ainsi une compensation financière pour le Québec.

Une femme portant un masque près du CHSLD Les Cèdres.

Le CHSLD Les Cèdres, à Montréal, fait partie des établissements durement touchés par la COVID-19. 18 patients l'ont contractée depuis le début de la crise.

PHOTO : RADIO-CANADA / IVANOH DEMERS

D'autres militaires en renfort au Québec

Le premier ministre a aussi annoncé que des Rangers, des supplétifs des Forces armées canadiennes, seront déployés en Basse-Côte-Nord, à la demande du gouvernement du Québec.

La municipalité régionale de comté (MRC) du Golfe-du-Saint-Laurent avait réclamé une telle intervention il y a près de deux semaines.

Elle souhaitait que les Rangers gèrent le poste de contrôle routier installé entre Kegaska et la communauté innue de Nutashkuan, tenu jusqu'ici par des bénévoles.

Il faudra de 1 à 3 jours pour que le déploiement soit effectif, a indiqué à Radio-Canada le caporal Benoît Lafleur, chef des opérations du 2e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens, responsable notamment de la Basse-Côte-Nord.

Un premier groupe de Rangers a déjà été déployé au Nunavik au début du mois à la demande du gouvernement Legault.

Le premier ministre Trudeau a aussi dévoilé que la firme néo-brunswickoise LuminUltra est en voie d’augmenter sa capacité de production de façon à fournir assez de produits chimiques pour effectuer les tests de COVID-19.

Un portail visant à rassembler les ressources en santé mentale, accessible à l'adresse Canada.ca ou sur l'application Canada COVID-19, a aussi été lancé.

Baptisé « Espace mieux-être Canada » il permet de diriger quiconque en ressent le besoin vers des intervenants joignables par clavardage ou au téléphone.

Par moment, on peut se sentir dépassé par les événements. [...] Il n'y a aucune gêne à se sentir comme ça. L'important, c'est d'aller chercher de l'aide. 

Justin Trudeau, premier ministre du Canada
Un garagiste travaille sur une voiture.

Des garagistes du Québec ont pu reprendre leur travail mercredi, le gouvernement Legault considérant désormais leurs services comme étant essentiels.

PHOTO : RADIO-CANADA / IVANOH DEMERS

Rouvrir l'économie? « On n'est pas rendus là »

Visiblement échaudé par les discussions entourant une reprise graduelle des activités économiques, M. Trudeau a aussi profité de sa conférence de presse pour lancer une mise en garde aux Canadiens.

Plein de gens sont en train de parler de la réouverture de l’économie, […] de pouvoir sortir de chez eux, a-t-il observé. Je sais que c’est excitant. Avec le printemps, les gens ont vraiment hâte à ça, mais je dois vous dire : on n’est pas rendus là. On est loin de là encore.

Si on rouvre [l’économie] trop rapidement, on pourrait facilement se retrouver dans une situation pire. Et tout ce qu’on a fait depuis plusieurs semaines aurait été pour rien, et tout serait à recommencer. 

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Il a aussi réitéré, comme il le fait souvent récemment, que les Canadiens doivent s'attendre à ce que les mesures de protection de la santé publique demeurent en place pendant plusieurs semaines.

Je sais que tout le monde veut savoir quand est-ce que la vie va reprendre son cours. Et la réalité, c’est qu’on ne peut pas vous donner une date précise, a-t-il déclaré.

La semaine dernière, M. Trudeau a avancé que le Canada pourrait atteindre le sommet de la courbe du nombre de cas dépistés à la fin du printemps et que la première vague de l'épidémie pourrait se terminer pendant l’été.

La normalité, comme elle était avant, ne pourra pas revenir tant qu’il n’y aura pas de vaccin, et ça, ça pourrait être dans un an, un an et demi, avait-il ajouté.

Source : radio-canada


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