Une première formation québécoise en restauration du patrimoine bâti

12 décembre 2020

Une formation en restauration du patrimoine bâti s’apprête à accueillir sa première cohorte d’artisans l’an prochain au Québec. En enracinant cette expertise ici, le Conseil des métiers d’art espère contribuer à la sauvegarde du patrimoine architectural de la province, souvent malmené au fil des années.

Pour développer et répandre cette expertise, le Conseil des métiers d’art formera dès le 25 janvier neuf artisans, dans le cadre d’un cours d’une durée de 15 semaines.

"Ils apprendront les bonnes pratiques en restauration : comment bien lire un bâtiment, par exemple, pour déterminer la bonne intervention à faire, en fonction de l’époque de sa construction et de son style architectural." France Girard, chargée de projet au Conseil des métiers d’art du Québec

Il s’agit d’une première au Québec! s’enthousiasme Mme Girard.

Cette formation inédite tombe à point dans la province, où seule une poignée d’artisans a les savoir-faire nécessaires pour restaurer les bijoux patrimoniaux érigés à l’époque de la colonisation de la Nouvelle-France.

Nous avons constaté que cette expertise était en voie de se perdre, explique France Girard, chargée de projet en architecture et patrimoine au Conseil des métiers d’art.

Selon elle, il n’y a pas plus de 400 personnes, au Québec, capables d’intervenir adéquatement sur les bâtiments patrimoniaux. Une denrée rare et donc, très sollicitée, qui ne suffit parfois plus à l’ampleur de la tâche à accomplir.

La préservation et la transmission de ces savoir-faire sont directement liées à la préservation et à la transmission de notre patrimoine, croit France Girard.

Vers une formation collégiale

Les cours qui commencent en janvier s’adressent aux gens déjà rompus aux gestes et aux usages des métiers d’artisan. À Montréal, les ateliers accueilleront des tailleurs de pierre et des maçons qui désirent se spécialiser dans la restauration du patrimoine.

À Québec, ce sont les ébénistes et les menuisiers qui pourront profiter de la formation.

Celle-ci a dû se mettre en place en pleine pandémie, une réalité qui a apporté son lot de défis, concède France Girard, mais aussi de belles opportunités.

"Tout ce qu’on peut donner à distance, on le fait. Le reste, ce ne sont pas des formations qu’on peut donner à 15 ou 20 étudiants à la fois. Il s’agit d’ateliers regroupant 3 ou 4 étudiants maximum, donnés dans des locaux assez grands pour assurer le respect absolu des mesures de protection et de distanciation." France Girard, chargée de projet au Conseil des métiers d’art du Québec

Selon elle, le fait que des cours se donnent à distance permettra à des gens de toutes les régions d’y prendre part. Ça devient plus facile pour les gens de l’extérieur d’y prendre part puisque ça écourte la durée du séjour qu’ils doivent faire à l’extérieur de la maison.

La période d’inscription est en cours sur le site du Conseil des métiers d’art du Québec.

Ce dernier n’entend pas en rester là. À brève échéance, il espère que la restauration du patrimoine bâti se donnera de façon permanente, dans le cadre d’une formation collégiale reconnue par les autorités.

Nous travaillons avec le cégep du Vieux Montréal pour en faire une attestation d’études collégiales de 510 heures, destinée à former une main-d’œuvre en restauration des bâtiments anciens, conclut France Girard.

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Source : ICI Québec


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