Possible démolition de l’œuvre architecturale de Jean-Marie Roy

29 mars 2018

Le CIAC MTL s’associe à tous ceux et toutes celles qui veulent sauver de la démolition l’œuvre architecturale de Jean-Marie Roy,

Une œuvre marquante de l’architecture au Québec, témoin des années 1962-1966.

Le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures, Sylvain Juneau, souhaite démolir un bâtiment du créateur et architecte Jean-Marie Roy (1925-2011) afin de soulager les finances de la ville. Pour le maire, la valeur patrimoniale du lieu est exagérée. D’ailleurs, il n’hésite pas à le comparer à «une livre de beurre». À ses yeux, il considère être davantage responsable face aux finances qu’envers un bien collectif jugé marquant. Il se justifie en affirmant que les tentatives conduites dans les environs pour «réchapper des bâtiments désuets» se sont soldes par un échec.

Martin Dubois, de la firme Patri Arche, parle d’une décision regrettable, car il s’agit d’une construction qui témoigne parfaitement de l’architecture de la Révolution tranquille. « Pour s’affranchir de mauvaises décisions du passé, la nouvelle administration veut démolir un bâtiment exceptionnel » - Martin Dubois

Francine Vanlaethem, professeur émérite de l’UQAM et présidente de Docomomo, partage cette vision et affirme que le pavillon Jean-Marie Roy est «un des éléments forts du patrimoine moderne au Québec» et conçu par un des grands architectes de l’histoire du Québec.

L’architecte de Québec, Pierre Thibault, croit que la meilleure solution serait de demander à une équipe de réfléchir sur différents scénarios. L’objectif étant de rendre le bâtiment intéressant, car l’architecture moderne est peu valorisée au Québec.

Aucune étude patrimoniale n’a été faite, dit le maire, et la décision est sans appel. Des sommes faramineuses ont déjà été engagées et il faudrait en investir encore plus pour le réparer. Il se permet de comparer le bâtiment au stade olympique de Montréal. Mais d’après Martin Dubois et Francine Vanlaethem, l’immeuble ne nécessite pas des sommes faramineuses et pensent que toutes les solutions n’ont pas été étudiées. Quant au nouveau bâtiment, il coûtera 7 millions et ne comportera pas de bibliothèque ni de salle de spectacle contrairement au pavillon actuel.

Source Le Devoir


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