
Après une interruption en 2023, l’Attestation d’études collégiales (AEC) en métiers d’art du patrimoine bâti – spécialité ferronnerie d’art et forge est officiellement relancée.
Offerte par la Formation continue et aux entreprises du Cégep du Vieux Montréal, en collaboration avec le Conseil des métiers d’art du Québec et avec le soutien de la Commission des partenaires du marché du travail, cette reprise marque une étape importante. Pour la première fois au Québec, cinq forgerons pourront obtenir un diplôme reconnu dans une spécialité directement liée à la restauration du patrimoine bâti.
Dispensée aux Forges de Montréal, cette formation de 510 heures permet de développer des compétences pointues en reproduction, restauration et entretien d’éléments en métaux ouvrés. Elle répond à un besoin bien réel de main-d’œuvre qualifiée dans un secteur où les savoir-faire sont rares, mais essentiels à la préservation de notre patrimoine.
Une formation unique… et fragilisée
Malgré son importance, l’avenir de cette formation demeure incertain. À ce jour, l’AEC ne bénéficie d’aucun financement récurrent, ce qui compromet l’ouverture de nouvelles cohortes dès 2026–2027.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de pressions financières touchant le réseau collégial. Pourtant, cette AEC constitue la seule formation diplômante au Québec dédiée à la spécialisation des artisanes et artisans pour intervenir sur le patrimoine bâti.
Comme le souligne Catherine Charron, gestionnaire Architecture et patrimoine au CMAQ :
« Comment préserver notre patrimoine bâti si aucune formation n’est offerte pour transmettre les savoir-faire nécessaires à sa conservation ? Le patrimoine bâti est un enjeu de société. Il concerne autant le milieu culturel que ceux de la construction et de l’emploi. »
Un enjeu qui dépasse la formation
Au-delà de cette cohorte, c’est toute la transmission des savoir-faire traditionnels qui est en jeu. Sans relève formée, les capacités d’intervention sur les bâtiments patrimoniaux diminuent, mettant en péril des éléments architecturaux uniques.
La relance actuelle démontre la mobilisation des acteurs du milieu. Mais sans soutien structurant, ces initiatives risquent de demeurer ponctuelles.
Des pistes de solutions
Plusieurs solutions concrètes pourraient assurer la pérennité de la formation :
À propos de la formation
L’AEC en métiers d’art du patrimoine bâti vise à former une relève qualifiée capable d’intervenir avec rigueur et sensibilité sur des bâtiments d’intérêt patrimonial. Elle s’inscrit dans une volonté plus large de préserver et transmettre des savoir-faire essentiels, au cœur de neuf métiers spécialisés.
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